habitatademe2009

habitatademe2009
Une maison confortable,
respectueuse de l’environnement,
économe en énergie :
construire
autrement
L’ H A B I TAT I N D I V I D U E L
Une maison confortable, respectueuse
de l’environnement, économe en énergie :
construire autrement
SOMMAIRE
• Faire de votre maison un projet écologique . . . . . . . . . . . . 3
• Un environnement favorable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
• Une conception économe et astucieuse . . . . . . . . . . . . . . . . 8
• Le bâti, pierre angulaire du succès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
• Des équipements sobres et durables . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
• Une maison basse consommation, c’est possible . . . . . . . . . 27
• Apports bienvenus : des aides financières . . . . . . . . . . . . . . 29
• Maison sur plan ou déjà construite : tout n’est pas perdu . . . 31
• Un mode de vie en harmonie avec votre maison . . . . . . . 33
• En résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
• L’ADEME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
GLOSSAIRE
Inertie thermique : capacité pour un matériau d’accumuler
de l’énergie calorifique et de la restituer en un temps plus ou
moins long.
Maison bioclimatique : maison conçue pour s’adapter au
climat et à l’environnement. Elle profite des apports solaires et
de la ventilation naturelle, conserve la fraîcheur en été et limite
ainsi ses besoins énergétiques. Maison basse consommation : maison dont la consommation
en énergie primaire est inférieure ou égale à 50 kWh / m2.an.
Maison à énergie positive : maison produisant davantage
d’énergie qu’elle n’en consomme.
CESI : abréviation de « chauffe-eau solaire individuel ».
Cref : consommation d’énergie de référence. Seuil de consommation, fixé par la RT 2005, au-dessous duquel doivent se situer
les bâtiments neufs.
DPE : abréviation de « diagnostic de performance énergétique ». GES : abréviation de « gaz à effet de serre ».
HQE ® : abréviation de « haute qualité environnementale ». Démarche visant à réduire les impacts sur l’environnement des
bâtiments lors de leur construction, de leur rénovation et de
leur usage.
RT 2005 : réglementation thermique en vigueur pour les
constructions neuves depuis septembre 2006. Son site internet :
www.rt-batiment.fr/.
SSC : abréviation de « système solaire combiné ». Installation utilisant le rayonnement solaire pour couvrir une partie des besoins
de chauffage et d’eau chaude sanitaire.
VMC : abréviation pour « ventilation mécanique contrôlée ».
faire de votre maison
un projet
écologique
Les bâtiments participent pour 43 % à l’énergie consommée en France et contribuent de manière non négligeable
(22 %) à l’émission des gaz à effet de serre (GES). Il est
important et urgent d’agir pour limiter leurs incidences.
C’est dans ce sens que vont les décisions prises lors du
Grenelle de l’Environnement. D’ici à 2050, les pouvoirs
publics veulent diviser par 4 la consommation énergétique totale du parc de bâtiments.
Une conception globale des bâtiments aboutit à des
modes de construction moins énergivores, moins polluants, moins producteurs de GES : des professionnels,
architectes et constructeurs, s’y mettent. Cela se fait
pour le tertiaire, les bâtiments collectifs ou industriels.
C’est également de plus en plus répandu pour les maisons individuelles : confortables, économes à l’usage et
plus respectueuses de l’environnement, elles offrent un
triple bénéfice pour leurs habitants.
Les idées, les techniques, les matériaux, les équipements,
les pratiques existent. Diminuer notablement les impacts
négatifs des bâtiments sur l’environnement est réalisable
dès maintenant. Certains particuliers vont même très
loin en mettant en œuvre des habitations qui consomment très peu d’énergie, les maisons basse consommation. Ou même qui en produisent plus qu’elles n’en
consomment : les maisons à énergie positive. Ce sont les
maisons de demain…
un environnement
favorable
Les bons choix se font bien avant le début des travaux : pour limiter les nuisances de votre maison sur
l’environnement, mais aussi ses impacts sur votre
qualité de vie et votre santé, il faut prendre un bon
départ…
Accessibilité et sécurité : de bons atouts
pour démarrer
Diminuer
et faciliter les déplacements
• Le secteur des transports est gros consommateur
d’énergie et gros producteur de polluants et de GES
(26 % des émissions de CO2). Choisir le site de sa future maison en fonction de ses
facilités de desserte par des transports en commun,
de sa proximité du lieu de travail, des écoles, des commerces… est donc un choix judicieux et responsable. • Ne pas avoir de voiture ou préférer une petite
voiture ou un véhicule « propre » sont des choix
envisageables. Les transports en commun, l’autopartage, le covoiturage, les modes de transport doux
multiplient les possibilités de déplacement.
• Ces choix vous permettront, à l’usage, de limiter
l’utilisation de votre voiture et de privilégier des
déplacements plus écologiques (à pied, en vélo, en
bus, en train…).
pour en savoir plus, consultez le guide de l’ADEME « Se déplacer malin », n° 6298
• Important également : la desserte de votre terrain
par les réseaux d’eau, d’électricité, de gaz naturel,
d’assainissement collectif.
Prendre
en compte les activités alentour
• Soyez attentifs aux sources de bruit dans le voisinage de votre future maison : attention à la proximité d’une route passagère ou d’une voie ferrée, d’un
aéroport, d’établissements bruyants…
• Renseignez-vous (mairie, documents d’urbanisme,…) sur les risques de pollution chimique provenant
d’une activité actuelle ou passée, sur l’éventualité de
pollutions électriques ou électromagnétiques (ligne à
haute tension, transformateur,…). S’affranchir
des aléas naturels
• Les zones inondables, les secteurs avalancheux ou
sujets aux glissements de terrain, etc., sont répertoriés
sur les plans de zonage des documents d’urbanisme. Le DICRIM (voir encadré) renseigne la population sur
les risques naturels (et technologiques) dans la commune et les mesures en place pour les prévenir.
• Le radon, un gaz radioactif présent dans le sous-sol
des zones granitiques ou volcaniques, peut s’accumuler dans les maisons. Des règles de construction (videsanitaire, étanchéité des planchers et des murs, bonne
ventilation de la maison) permettent d’en limiter le
risque.
En mairie, consultez les documents d’urbanisme (plan d’occupation des sols - POS - ou plan
local d’urbanisme - PLU -, cartes communales,
schéma de cohérence territoriale - SCoT - ) et le
document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM). Ils vous donneront des
indications précieuses sur le territoire où vous
souhaitez vous installer (zonage et règlement
d’urbanisme, risques naturels et industriels,…)
et sur ses orientations d’aménagement. Une insertion habile
Une fois le terrain acquis, il s’agit de profiter de ses
avantages, de sa situation, de sa végétation, pour
diminuer les exigences énergétiques de votre future
maison et augmenter votre confort. Cette approche est
qualifiée de conception bioclimatique.
Jouer
avec le terrain
• Sur une pente, profitez des circulations naturelles
de l’air : l’implantation y est plus favorable que dans le
fond d’une cuvette. Cependant, ne bouleversez pas le
terrain par une implantation qui suppose des remblais
importants. • En pente, mais aussi sur terrain plat, pensez à une
construction semi-enterrée. Elle va profiter des apports
de chaleur et de fraîcheur relatifs du sol, en hiver et en
été, ce qui y limitera les variations de températures. Jouer
avec le soleil et le climat
• Quel meilleur chauffage que le soleil lui-même ? Les
apports solaires sont à valoriser en priorité par le choix
de l’orientation et l’emplacement sur la parcelle. trajectoire du soleil
en été
trajectoire du soleil
en hiver
Une façade principale au sud,
dégagée en hiver des ombres
de bâtiments voisins
ou d’arbres persistants,
permet de profiter au mieux
du rayonnement solaire
Une bonne prise en compte de ces apports dépend aussi
de la répartition des ouvertures (p. 17), de la sélection
de matériaux qui captent et retiennent la chaleur. • Pensez également aux vents dominants : s’en protéger l’hiver en utilisant à la fois la topographie de la
parcelle et des écrans végétaux, mais savoir en profiter
pour rafraîchir en été.
Jouer
avec le végétal
• Conservez les végétaux intéressants (arbres, haies)
déjà présents sur votre terrain et protégez-les bien lors
du chantier : ils vous protégeront à leur tour, dès votre
entrée dans votre nouvelle maison. • Privilégiez les haies denses de persistants pour vous
protéger des vents froids, les haies plus légères et plus
basses (feuillus, arbustes à fleurs et à fruits) vers le sud
ou les vues agréables : votre maison ne souffrira pas
d’ombres portées gênantes en plein hiver !
Plantez un arbre à feuilles caduques devant votre
terrasse ou à l’ouest de votre maison : son ombre vous
rafraîchira en été, mais elle ne vous gênera pas en hiver
quand il aura perdu ses feuilles. Faites votre choix en
fonction de la taille de l’arbre adulte pour qu’il n’ombrage pas d’éventuels capteurs solaires sur le toit.
• Pensez à une pergola, à des plantes grimpantes en
façade sud. Privilégiez les surfaces en herbe ou plantées autour de la maison : elles sont perméables et
l’eau de pluie peut s’y infiltrer au lieu de surcharger les
canalisations d’évacuation. Situées devant une ouverture, elles réfléchissent moins la chaleur qu’une surface
maçonnée et sont donc plus confortables en été.
une conception
économe et
astucieuse
Construire avec le climat, nos ancêtres le faisaient, de
façon empirique, pour se protéger du froid, de la chaleur,
des intempéries. En conciliant techniques éprouvées et
conceptions novatrices, les constructions d’aujourd’hui
réduisent fortement leur impact sur l’environnement.
pour en savoir plus, consultez les guides de l’ADEME
« Une maison pour vivre mieux », n° 6371, « L’isolation », n° 5614, « Le confort d’été », n° 3679, « La lutte contre le bruit », n° 4285,
Une bonne conception pour une construction
et un usage économes
Des
principes de base
Un bâtiment bien implanté (voir chapitre précédent) a
déjà pris un bon départ pour réduire ses besoins énergétiques et ses impacts environnementaux. Les bonnes pistes à suivre pour continuer ?
- Une isolation renforcée pour limiter les besoins de
chauffage ;
- une inertie thermique du bâti suffisante et l’intégration
de protections solaires pour diminuer les surchauffes ;
- une organisation de l’espace et des ouvertures,
conçue pour limiter les déperditions de chaleur et les
surchauffes ;
Individuel ou collectif ?
La maison individuelle reste le rêve et le choix
de nombreux particuliers. C’est aussi un habitat
consommateur d’espace et gourmand en énergie. D’autres solutions plus performantes sont à envisager : maisons mitoyennes, logements collectifs
à accès individuels, petit collectif urbain… Dans
certaines villes se créent des éco-quartiers dont les
principes d’urbanisme concilient écologie, économie
et préoccupations sociales. - l’intégration des énergies renouvelables et d’équipements économes (voir p. 19) pour limiter les émissions de
GES et de polluants et économiser les énergies fossiles ;
- l’utilisation de matériaux de construction
renouvelables, recyclables ou recyclés ;
- l’utilisation de matériaux sans émanations toxiques
pour préserver la santé des habitants ;
- l’intégration des économies d’eau dans la conception
de la maison et le choix de ses équipements.
protections solaires (stores,
débords de toit, végétation…)
façade principale au sud,
véranda avec protections
solaires
intégration des énergies renouvelables
isolation renforcée,
inertie thermique,
choix des matériaux
espaces tampon (garage, buanderie,…)
au nord
intégration des économies d’eau
Des certifications et des labels
pour vous guider
• Pour construire sa maison, il faut respecter au minimum la réglementation thermique en vigueur, la
RT 2005. Les conditions à respecter sont : une consommation d’énergie globale (chauffage, eau chaude,
refroidissement, ventilation, éclairage…) inférieure à
la consommation de référence Cref, une température
d’été inférieure à la température de référence, des
performances minimales pour certains équipements
(isolation, ventilation, chauffage, etc.). Ces conditions
dépendent de la situation climatique du bâtiment.
pour en savoir plus consultez le site de la RT 2005 http://www.rt-batiment.fr/
• Pour mettre en œuvre une conception plus globale, certains constructeurs se sont engagés dans une
démarche de certification fondée sur les principes de
la « Haute Qualité Environnementale » : NF Maison
Individuelle démarche HQE®.
Ces constructeurs s’engagent à respecter les principes
de la démarche HQE, dont 4 sont incontournables :
- la relation du bâtiment avec son environnement
immédiat ;
- un chantier à faibles nuisances ;
- la gestion de l’eau ;
- la gestion de l’énergie. pour en savoir plus et connaître les constructeurs engagés dans cette démarche, consultez le site http://www.constructeurs-nf.fr/
• Il existe également des labels de « haute performance
énergétique », plus exigeants que la RT 2005 :
- labels HPE 2005 (Cref - 10 %) et THPE 2005 (Cref - 20 %),
- labels HPE EnR 2005 (Cref - 10 %) et THPE EnR 2005
(Cref - 30 %), assortis d’impératifs sur l’utilisation des énergies renouvelables,
- label BBC « Bâtiment Basse Consommation », pour une
consommation d’énergie inférieure à 50 kWh/m2.an,
modulée selon la zone géographique d’implantation. L’association Effinergie a été créée, en partenariat avec
plusieurs conseils régionaux et associations, pour assurer
la promotion des constructions dont la consommation
se situe au niveau du label BBC : elle fédère les maîtres
d’œuvre, constructeurs, banques, pouvoirs publics qui
veulent s’y impliquer et met en avant les projets et les
réalisations remarquables dans ce domaine. pour en savoir plus consultez le site http://www.effinergie.org/fr/
• Encore plus performantes, certaines maisons sont
maintenant conçues pour produire plus d’énergie
qu’elles n’en consomment (maison à énergie positive). pour en savoir plus, allez p. 27 et 28 de ce guide, au chapitre « Une maison basse consommation, c’est possible »
Deux
étiquettes pour une information simple
Comme l’électroménager et les voitures, les bâtiments
existants et neufs sont maintenant dotés d’étiquettes
énergie et GES qui signalent leurs performances énergétiques et leurs émissions de gaz à effet de serre. 10
Ces deux étiquettes traduisent certaines conclusions
du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) dont
la réalisation est désormais obligatoire à la livraison
de toute construction neuve et lors des ventes et des
locations.
Le principe de l’étiquette énergie pour les bâtiments : une échelle de A pour les
bâtiments les plus sobres, à G pour les logements énergivores.
Ces étiquettes établies dans le cadre du DPE sont des
outils à destination du public, des propriétaires et des
acheteurs de logements, qu’ils soient neufs ou anciens. Leur but est :
- de les informer sur les consommations énergétiques
d’un logement et leur coût ;
- de les sensibiliser aux enjeux de la lutte contre le
réchauffement climatique ;
- d’inciter les futurs habitants à faire construire des
maisons économes et les propriétaires à réaliser des
travaux d’économies d’énergie. Ce diagnostic et ces étiquettes seront, lors d’une éventuelle revente, des arguments pertinents pour justifier
de la valeur marchande d’un bâtiment. 11
Un plan intelligent
Facilitez-vous les choses en intégrant dans votre plan
des éléments et des principes favorables aux économies
d’énergie et à un meilleur confort de vie. Organiser
l’espace
pour mieux s’adapter à l’environnement
• Optez pour un plan simple pour obtenir un bâtiment compact et minimiser ainsi la surface entre intérieur et extérieur. Les formes simples et les habitats
groupés génèrent moins de déperditions de chaleur.
• Pour un meilleur confort d’hiver, protégez-vous en
installant des « espaces tampons » (office, buanderie,
garage) non chauffés, de préférence sur la façade
nord de la maison. Des détails
qui ont leur importance
Dès la construction, prévoyez la pente et
l’orientation du toit pour une installation solaire,
un local poubelle adapté aux exigences du tri des
déchets (surface suffisante, accessibilité), une aire
pour le compostage dans le jardin…
La
véranda, un capteur solaire efficace
Une véranda en façade
sud permet de valoriser les
apports solaires en hiver et
en demi-saison. Pour éviter les surchauffes très inconfortables en
été, choisissez une couverture opaque, prévoyez des
protections solaires et des
possibilités importantes
d’aération.
12
le bâti,
pierre angulaire
du succès
Une maison génère, tout au long de son utilisation,
des impacts sur l’environnement. Elle consomme de
l’énergie pour le chauffage, l’eau chaude, le renouvellement d’air, l’éclairage… Il est nécessaire de concevoir
un bâtiment ayant de faibles besoins énergétiques par
son implantation et la qualité de son enveloppe, pour
réduire à la source les émissions de CO2, principal
gaz à effet de serre. Il est également important de la
construire avec des matériaux limitant les impacts sur
l’environnement lors de leur fabrication, de leur transport ou de leur mise en œuvre.
Les qualités d’une bonne enveloppe
La qualité de l’enveloppe bâtie, la conception globale du bâtiment, la fiabilité des études énergétiques
préalables sont primordiales pour économiser l’énergie et produire une ambiance confortable pour toute
la durée de vie de la maison. Les points à ne pas négliger dans la conception de l’enveloppe :
- elle doit être très bien isolée pour limiter les déperditions de chaleur (isolation thermique) et les nuisances
sonores (isolation acoustique) ;
- elle doit être étanche à l’air et à l’eau pour éviter les
infiltrations d’air et la dégradation du bâti par l’humidité extérieure ;
- pour assurer une bonne régulation de l’humidité
ambiante, elle est associée à un système de ventilation
performant. Certains produits d’enveloppe sont par
ailleurs respirants ;
Combien ça coûte ?
Une maison construite ainsi est à l’heure actuelle plus chère
en investissement, mais moins coûteuse à l’usage. Et le
coût de fonctionnement d’une maison, sur l’ensemble de sa
durée de vie, est bien plus élevé que le coût de la construction. Investir dans un tel projet est donc une bonne affaire.
13
- elle doit posséder une inertie suffisante pour éviter
les variations importantes de température entre jour
et nuit, pour amortir les surchauffes des jours chauds
et éviter ainsi l’installation d’une climatisation ;
- la répartition et la conception des ouvertures doivent apporter la lumière et la chaleur en hiver (grandes
baies vitrées au sud, puits de lumière le cas échéant),
limiter les déperditions (vitrages à isolation renforcée)
et les surchauffes en été (surfaces vitrées à l’ouest et
fenêtres de toit au sud réduites, mise en place de protections solaires : auvents, rebords de toit, stores).
Les matériaux de construction
• Il est intéressant de privilégier des produits ayant des
impacts environnementaux réduits, des produits locaux
ou renouvelables. Mais deux principes essentiels assurent la qualité des matériaux et de leur utilisation :
- la sélection de produits ayant fait la preuve de leur
aptitude à l’usage et de leurs performances. On les
reconnaît grâce aux normes, certifications ou agréments
dont ils sont porteurs (Agrément Technique Européen
ou ATE, Avis Technique ou AT, Appréciation Technique
d’expérimentation ou ATEX, etc.). Attention ! l’utilisation de matériaux n’ayant pas obtenu ce type d’agrément peut annuler la garantie décennale du bâtiment
en cas de problème ;
- le recours à des entreprises et professionnels compétents et qualifiés, connaissant parfaitement les matériaux choisis et leur mise en œuvre.
• Les différents types de matériaux sont issus de 3 filières principales : la filière minérale (béton, parpaings,
terre cuite et béton cellulaire), la filière végétale (bois,
plus récemment béton de chanvre) et la filière acier. Les maisons à ossature
bois peuvent revêtir des
aspects divers,
selon qu’on laisse
le bois apparent,
qu’on le crépisse
ou qu’on le recouvre
de parements
14
Pour réaliser l’enveloppe d’un bâtiment, on distingue :
- les systèmes à isolation répartie
en terre cuite alvéolée ou en béton
cellulaire qui, pour des épaisseurs
importantes et dans les conditions
actuelles de la réglementation énergétique des bâtiments (RT 2005), ne
nécessitent pas l’ajout d’un isolant ;
- les systèmes à isolation rapportée
(béton, parpaings, bois et acier) qui
nécessitent en plus du matériau utilisé pour les murs l’ajout d’un isolant
(voir ci-dessous).
Exemple d’utilisation
de la brique alvéolée
Face au changement climatique et à la nécessité de
réduire les émissions de GES, la réglementation énergétique va être régulièrement renforcée. Ces différents
systèmes constructifs devront s’adapter (augmentation
des épaisseurs, ajout d’isolants, etc.).
Les matériaux d’isolation : incontournables !
Une isolation performante est primordiale pour obtenir une maison économe en énergie : elle permet de
s’affranchir d’importantes dépenses de chauffage et,
dans une certaine mesure, de climatisation.
Un matériau isolant est caractérisé par deux chiffres :
- le coefficient de conductivité thermique l qui exprime sa
faculté à conduire la chaleur. Plus l est petit, plus le matériau
est isolant (les matériaux isolants courants ont des l compris
entre 0,035 et 0,050),
- la résistance thermique R. Pour une épaisseur donnée, plus R
est grande, plus la paroi est isolante. Le
choix des matériaux d’isolation
De très nombreux produits sont disponibles et il est
important de bien les choisir. On distingue :
- les isolants « traditionnels » : principalement les laines minérales (laines de verre et de roche) et les plastiques alvéolaires (polystyrène et polyuréthane). Ils sont
issus de matières non renouvelables.
15
Une très grande part de ces produits bénéficie d’une
certification (ACERMI) ;
- les isolants « nouveaux », principalement fabriqués
avec une part variable de matières renouvelables,
d’origine animale ou végétale. Il s’agit en particulier
des produits fabriqués avec de la plume de canard, de
la ouate de cellulose, du bois ou encore du chanvre.
Plusieurs de ces produits bénéficient d’un avis technique (AT), d’un agrément technique européen (ATE) ou d’une certification (pour les laines de bois) et sont
disponibles sur le marché.
Certification, avis technique
et agrément
Un produit certifié est conforme à des exigences
prédéfinies. Cette conformité est attestée par un
organisme indépendant.
L’avis technique exprime l’opinion d’un groupe
d’experts neutres sur l’aptitude à l’emploi d’un produit destiné
à la construction.
L’agrément technique européen est une appréciation technique favorable de l’aptitude à l’emploi d’un produit de construction, pour un but déterminé et selon des conditions définies de
mise en œuvre et d’utilisation. Il est délivré par un organisme
agréé à cet effet. pour en savoir plus sur les matériaux de construction et d’isolation • bénéficiant d’un Avis Technique,
consultez le site www.cstb.fr (rubrique : avis techniques)
• bénéficiant d’une certification,
consultez le site acermi.cstb.fr
Les conseillers de l’Espace InfogÉnergie le plus proche de chez vous peuvent également vous aider dans vos choix.
La
mise en œuvre
En France, l’isolation par l’intérieur est la plus pratiquée. C’est pourtant loin d’être la meilleure : elle peut
assurer une bonne isolation l’hiver, mais ne règle pas
les problèmes de ponts thermiques. Elle ne garantit pas
un bon confort d’été, car elle empêche de profiter de
l’inertie des murs.
Les ponts thermiques sont, dans une construction, des
discontinuités de la barrière isolante par laquelle la chaleur
s’échappe : ils sont responsables de déperditions importantes.
Ils sont à l’origine de zones froides dans la maison et sont
donc sources d’inconfort. À leur niveau, on constate souvent
la condensation de l’humidité, l’apparition de moisissures ou le
décollement des papiers peints. 16
L’isolation par l’extérieur (« mur-manteau ») est efficace
été comme hiver. Elle a l’avantage de supprimer la
majorité des ponts thermiques.
L’isolation répartie est intégrée au mur lui-même. Elle
suppose l’utilisation de matériaux particuliers, qui
assurent à la fois la tenue mécanique et l’isolation
(briques à alvéoles multiples, blocs de béton cellulaire,
panneaux de bois isolés, etc.). Dans une maison à ossature
bois, l’isolant est intégré à l’ossature.
Les ouvertures : bien choisir les vitrages
et les menuiseries
Elles permettent de profiter du soleil et du paysage :
on aimerait qu’elles soient grandes et nombreuses. Mais elles peuvent dégrader le bilan thermique de la
maison, en laissant la chaleur entrer l’été et sortir l’hiver. Comment résoudre la contradiction ?
• Les répartir judicieusement tout
d’abord (de l’ordre de 50 % des
surfaces vitrées au sud, 20 % à l’est
et à l’ouest, 10 % au nord), les protéger des rayons directs du soleil
estival ensuite.
• Les doter de vitrages à isolation
renforcée (VIR) : ils permettent la
réalisation de grandes baies (apport
de soleil, donc de chauffage « gratuit » et de lumière) en limitant les
déperditions de chaleur.
lumière
intérieur
chaleur
extérieur
couche peu émissive
Double vitrage
à isolation renforcée
17
• Choisir des menuiseries extérieures possédant une
étanchéité parfaite et une très bonne isolation thermique : le bois et le PVC offrent de bonnes performances. Les encadrements de fenêtres métalliques sans rupture
de pont thermique sont à proscrire car peu efficaces en
terme d’isolation. La pose doit être effectuée par un professionnel qui
veillera à l’étanchéité de l’ensemble du cadre.
Certains vitrages dits « thermo-acoustiques » réduisent
également les nuisances sonores.
Les matériaux de finition :
être vigilant jusqu’au bout
Pour les finitions aussi, pensez aux matériaux disposant
d’un label écologique qui ne nuiront pas à votre santé :
peintures sans solvants dangereux, bois non traités,
revêtements de sol sans émissions nocives (terre cuite,
carrelage…). Aujourd’hui, il est facile de trouver des produits (peintures et vernis, revêtements de sols
durs, colorants, colles pour revêtements de
sols, profilés de décoration, etc.) porteurs de
l’écolabel européen ou de
l’écolabel NF Environnement
qui garantissent leur qualité
d’usage et leurs caractéristiques écologiques.
Considérer la fabrication, la mise en œuvre, l’entretien et le
devenir en fin de vie des matériaux permet de se faire une idée
globale de leur impact.
Ainsi, les revêtements de sol en PVC sont peu coûteux à l’achat,
mais leur fabrication génère des impacts notables. De ce point
de vue, les parquets sont moins nuisibles. Encore faut-ils qu’ils
n’émettent pas de produits nocifs pour la santé
(traitements divers, vitrificateurs et vernis, etc.). Les
parquets clipés sont préférables aux parquets collés
car les colles sont rarement des produits inoffensifs. Les carrelages sont durables, inertes et leur entretien
peut se faire à l’eau chaude…
18
des équipements
sobres
et durables
Grâce aux efforts déjà réalisés sur son implantation et
la qualité de son enveloppe, votre maison est économe
en énergie parce qu’elle a peu de besoins. Les équipements dont vous la dotez peuvent vous permettre de
réduire son impact sur l’environnement et de transformer l’essai !
Le chauffage : énergies traditionnelles
ou renouvelables ?
pour en savoir plus, consultez les guides de l’ADEME « Le chauffe-eau solaire individuel », n° 6324,
« Le chauffage solaire », n° 5622, « Le chauffage au bois », n° 6196,
« Les pompes à chaleur », n° 4288,
« Le chauffage, la régulation, l’eau chaude », n° 4287,
Les conseillers de l’Espace InfogÉnergie le plus proche de chez vous peuvent également vous aider dans vos choix.
Chauffage et production d’eau chaude sanitaire sont
des postes importants dans la consommation d’énergie
d’une maison. Pour bien les choisir, prenez en compte
vos exigences de confort, les possibilités d’évolution
des équipements choisis, le coût, aussi bien à l’achat
qu’à l’usage (prix de l’énergie, entretien), la disponibilité dans l’avenir de l’énergie choisie, la pollution
produite.
Utiliser
au mieux les énergies traditionnelles
avec des équipements performants
• Le gaz et le fioul sont très employés. Pourtant,
leurs inconvénients sont de plus en plus patents :
utilisation d’énergies fossiles dont les ressources ne
sont pas éternelles, émissions de polluants et de gaz
à effet de serre, coûts en constante augmentation et
dépendants de facteurs géopolitiques très instables. Les bonnes performances des équipements et l’approvisionnement facile leur donnent encore des atouts. 19
Il est donc particulièrement important, si vous choisissez
ces énergies, de vous équiper de matériels très performants qui minimisent consommation et émissions polluantes. C’est le cas des chaudières basse température
et surtout des chaudières à condensation. Ces équipements doivent être bien dimensionnés et entretenus
régulièrement pour optimiser les performances et
minimiser les consommations.
• L’électricité offre des facilités de mise en œuvre et
un coût d’installation peu élevé (attention ! Il est obligatoire de faire installer tout de même un conduit de
fumée dans le logement). Elle est produite en majeure
partie à partir de ressources non renouvelables. Pour
un meilleur confort, vous devez choisir des panneaux
rayonnants.
Adopter
les énergies renouvelables
Elles ne produisent pas de gaz à effet de serre, polluent
peu ou pas du tout. Les ressources en sont illimitées,
leur coût à l’usage est réduit. Elles sont LE moyen de
produire chaleur et eau chaude de façon écologique ! • Le solaire thermique
Le soleil est disponible partout. Son rayonnement, transformé en chaleur par des capteurs thermiques, permet
de chauffer l’eau sanitaire (à l’aide d’un chauffe-eau
solaire individuel ou CESI) ou toute la maison (on parle
de système solaire combiné ou SSC). C’est une énergie
gratuite qui n’émet à l’usage ni polluant ni gaz à effet
de serre. Une maison tournée vers le soleil, équipée de cellules photovoltaïques et de capteurs solaires thermiques.
20
La surface de capteur nécessaire oscille entre 3 et 5 m2
pour un CESI (qui pourra couvrir environ 60 % des
besoins en eau chaude d’une famille de 4 personnes),
entre 10 et 20 m2 pour un chauffage (30 à 40 % des
besoins couverts). Le complément est assuré par un système d’appoint. Le relais entre solaire et appoint se fait
de façon à optimiser l’emploi de l’énergie solaire.
Des labels pour les énergies renouvelables
L’association Qualit’EnR gère l’appellation « Qualisol », attribuée à des installateurs de systèmes solaires engagés dans
une démarche de qualité. Consultez le site Internet www.
qualit-enr.org pour en savoir plus sur Qualisol, mais également
sur Qualibois (label de qualité pour les installations de chauffage au bois) et QualiPV (pour le photovoltaïque). L’association
pour les pompes à chaleur (AFPAC) gère quant à elle QualiPAC
(www.afpac.org). Ces installateurs s’engagent à respecter une charte de qualité
qui garantit leur savoir-faire et la mise en place d’équipements
munis de certifications. • Le bois
Cette énergie renouvelable et abondante peut être disponible localement. Elle est neutre au regard de l’effet
de serre : en brûlant, le bois émet le CO2 qu’il avait fixé
lors de sa croissance.
Souvent utilisé comme appoint dans une cheminée,
un insert ou un poêle, le bois devient l’énergie principale de chauffage grâce aux progrès des équipements :
chaudières très performantes, alimentation automatique avec des granulés ou du bois déchiqueté. Une
chaudière à bois peut être un excellent appoint pour
une installation de chauffage solaire.
Des équipements
et un combustible performants
« Flamme Verte » est un label de qualité signalant des
appareils économiques, sûrs et performants.
La marque « NF Bois de chauffage » vous garantit un bon
niveau de performance du bois acheté dans certaines
grandes surfaces. Attention ! Ne brûlez pas des bois traités (vieux
meubles, agglomérés, bois récupérés sur des chantiers)
car ils dégagent des polluants très nocifs.
21
Si vous voulez vous équiper, prévoyez la mise en place
d’un local ou d’un abri de stockage pour le combustible.
• La pompe à chaleur ou PAC
Ce système électrique récupère l’énergie gratuite et
inépuisable stockée dans le sol, l’air ou l’eau des nappes
et la restitue pour chauffer la maison. Il est performant
et économique : pour 1 kWh d’électricité consommé,
une PAC restitue de 2 à 4 kWh de chaleur.
Les PAC géothermiques récupèrent la chaleur du sol ou
celle d’une nappe phréatique. Les PAC aérothermiques
récupèrent les calories de l’air. Elles sont parfois moins
performantes mais plus simples à mettre en œuvre.
Certaines PAC dites réversibles se transforment en
système de rafraîchissement. Mais une maison bien
conçue n’en a pas besoin : le confort d’été y est assuré
par des systèmes passifs, des choix de construction et
de matériaux.
Bien
piloter le chauffage
Un système de chauffage performant doit délivrer la
bonne température où il faut, quand il faut, sans gaspiller l’énergie. 21 °C dans la salle de bains, 19 °C dans
les pièces à vivre et 17 °C dans les chambres assurent
un bon confort de vie. Cette distribution de chaleur est
assurée par des systèmes de régulation et de programmation du chauffage. • La régulation est là pour maintenir la température à
une valeur choisie, constante et sans à-coup. 22
• La programmation complète la régulation en faisant
varier la température en fonction du moment de la
journée (jour / nuit) et du jour de la semaine (jour
ouvrable / week-end). Le pilotage du chauffage est assuré par un thermostat
d’ambiance, comportant éventuellement une horloge
de programmation et des robinets thermostatiques
installés sur certains radiateurs.
La ventilation : assurer la santé du bâtiment
et des habitants
pour en savoir plus, consultez le guide de l’ADEME « La ventilation », n° 3672
Principes
de base
Dans la maison, l'air doit être sain et régulièrement
renouvelé, ni trop humide, ni trop sec, ni pollué. La
santé de ses habitants et du bâtiment lui-même en
dépendent. L’utilisation de matériaux qui « respirent » permet de
réguler en partie l’humidité ambiante. La mise en
œuvre d’une ventilation efficace est cependant nécessaire pour une bonne qualité de l’air ambiant.
Concilier
efficacité et économies d’énergie
Il est obligatoire d’assurer la ventilation globale et permanente d’un logement. S’en remettre à une ventilation naturelle (avec des
grilles d’entrée d’air et des conduits d’extraction) mal
contrôlée n’est pas satisfaisant. Avec la ventilation mécanique contrôlée (VMC), on
maîtrise plus facilement les débits nécessaires au renouvellement de l’air. Il existe des VMC simple flux, des VMC
simple flux hygroréglables et des VMC double flux avec
ou non récupération d’énergie. Ces deux dernières sont
les plus performantes en terme d’économies d’énergie
et permettent des économies de chauffage.
23
Le puits climatique
Comment fonctionne-t-il ? L’air, aspiré à l’extérieur, circule
dans un (ou des) tube(s) d’une vingtaine de mètres de long,
enfouis à plus d’un mètre de profondeur dans le sol, où la
température est assez constante toute l’année. Il s’y rafraîchit
en été, s’y réchauffe en hiver. Il est ensuite pulsé à l’intérieur. C’est un système de ventilation qui tempère l’air neuf entrant
dans la maison.
Attention ! Ce dispositif, simple dans son principe, est
très délicat à mettre en œuvre. Mal dimensionné, il
est inefficace d’un point de vue thermique. Si le puits
n’est pas parfaitement réalisé, la vapeur d’eau s’y
condense et des moisissures peuvent s’y développer,
contaminant l’air pulsé dans la maison.
Naturel ou artificiel, l'éclairage
pour en savoir plus, consultez le guide de l’ADEME « Les équipements électriques », n° 3690
Meilleure
et gratuite, la lumière du soleil
• La lumière solaire est une lumière de qualité, gratuite, à laquelle la vision humaine est adaptée. L’idéal est
de profiter dans la maison d’un éclairement naturel
optimal, sans éblouissement et sans surchauffe l’été.
C’est possible en prévoyant
des ouvertures suffisantes,
en utilisant des protections
solaires qui ombrent les
fenêtres (auvents, débords
de toiture, végétation), en
créant des ouvertures zénithales (grâce auxquelles la
lumière provient du plafond) orientées au nord ou
à l’est, en privilégiant des
couleurs mates et claires. Des pièces sans fenêtre profitent
de l’éclairage naturel avec la mise
en place de « puits de lumière »
ou de « conduits solaires » :
un collecteur situé
sur le toit distribue la lumière
dans un conduit réfléchissant
qui éclaire une pièce aveugle.
24
• L’agencement des pièces
permet d’utiliser au mieux la
lumière solaire. Ainsi, dans
la cuisine, l’évier ou le plan
de travail situés sous une
fenêtre évitent le recours
trop fréquent à l’éclairage
artificiel. La lumière artificielle : pour une utilisation
efficace et peu coûteuse
Une bonne utilisation de la lumière naturelle permet
de limiter le recours à l’éclairage artificiel : il doit être
considéré comme un simple appoint le jour. Des fenêtres intérieures permettent d’éclairer en second jour
des espaces ayant des besoins de lumière restreints.
L’utilisation de lampes basse consommation permet
de limiter les dépenses d’énergie. L’électricité : comment la produire à la maison
pour en savoir plus, consultez le guide de l’ADEME « La production électrique raccordée au réseau », n° 3737
En produisant de l’électricité chez vous, de façon décentralisée, modulable et non-polluante, vous participez à
la limitation des pollutions et des rejets de gaz à effet
de serre. La vendre au réseau est à l’heure actuelle plus
intéressant financièrement que l’utiliser sur place.
Le dispositif de production le plus simple et le plus
courant est le solaire photovoltaïque. 25 m2 de modules peuvent produire en un an l’équivalent de la
consommation électrique (hors chauffage, cuisine et
eau chaude) d’une famille de 4 personnes, environ
2 500 kWh. Il existe également des petites éoliennes
destinées à la production d’électricité domestique.
La production électrique individuelle prend tout son
sens quand elle s’intègre dans une démarche de
maîtrise des consommations d’énergie : utilisation
d’équipements électriques performants, suppression
des veilles inutiles, habitudes d’économies d’énergie. Et tout cela, bien sûr, dans le cadre d’une maison
énergétiquement performante.
Les modules photovoltaïques
convertissent directement
la lumière en électricité.
Ils peuvent être installés
sur un toit ou mieux,
être intégrés au bâtiment
en couverture
ou en protection solaire.
25
L’entretien : un gage de durabilité
Pour que votre maison soit durable, il est important de prendre en compte son entretien et sa
maintenance dès sa conception. Le choix des matériaux et des équipements va influer sur l’entretien
du bâtiment pendant toute sa durée de vie.
Des installations techniques (gaines, réseaux de
distribution) facilement accessibles garantissent un
entretien futur plus facile et moins coûteux.
Des équipements robustes et fiables dureront plus
longtemps sans panne.
Des matériaux de revêtement nettoyables à l’eau,
limiteront l’emploi de produits d’entretien potentiellement polluants.
Les équipements tels les chaudières, les VMC, les
pompes à chaleur, les systèmes solaires, les conduits
de cheminée nécessitent un entretien suivi, gage
de durabilité et sécurité. Il est possible de souscrire
des contrats d’entretien qui vous assurent la régularité des interventions.
Économiser l’eau,
c’est aussi économiser l’énergie
Une famille de 4 personnes consomme environ
600 litres d’eau potable par jour. Faites des économies en installant des systèmes tels que chasse d’eau économe,
robinets à faible débit, douchettes à turbulence.
Faites installer une cuve de récupération d’eau de pluie. Elle
sera bienvenue pour arroser le jardin ou laver la voiture. Attention, les usages intérieurs de l’eau de pluie (chasse d’eau,
lave-linge, etc.) sont réglementés pour des raisons sanitaires. Pour en savoir plus, consultez www.lesagencesdeleau.com
26
une maison
basse consommation,
c’est possible
Une construction qui consomme très peu et qui
fournit même de l’énergie, c’est utopique ? Non, des
réalisations existent déjà dans de nombreux pays
d’Europe, des labels se sont mis en place… et pas forcément dans les climats les plus cléments : Allemagne,
Suisse, Autriche, Belgique, etc. En France, le mouvement est engagé et des réalisations commencent à
sortir de terre.
Maison basse consommation : limiter les
besoins
Les maisons basse consommation, très économes en
énergie, sont conçues de façon globale pour minimiser tous les besoins énergétiques : pas seulement
ceux dédiés au chauffage, mais aussi ceux liés à l’eau
chaude sanitaire, à l’éclairage, à la ventilation…
Les points indispensables pour obtenir un bâtiment
basse consommation :
- une orientation favorable pour capter au mieux
l’énergie solaire (façade plein sud avec de grandes baies
vitrées équipées de protections solaires) et un aspect
compact pour limiter les pertes ;
- un bâtiment très étanche à
Les matériaux isolants
l’air ;
« nouveaux » à base de
- une très forte épaisseur d’iso- matières renouvelables
lant au niveau des murs, des plan- d’origine animale ou végéchers et du toit et des fenêtres à tale sont en passe d’être
utilisés plus systématiqueisolation renforcée ;
ment dans les maisons
- une VMC performante et adap- basse consommation.
tée au climat. Pour les régions
froides, c’est le cas de la VMC double-flux avec récupération de chaleur à un taux supérieur à 80 %, et si
possible une entrée d’air neuf préchauffé (par puits
climatique,…) ;
27
- l’eau sanitaire chauffée par un chauffe-eau solaire
individuel.
Les surcoûts de construction d’une maison basse
consommation sont sensibles (de l’ordre de 15 à 20 %)
car le marché n’est pas encore très développé. Mais les
économies de fonctionnement réalisées sont importantes et les surcoûts s’amortissent dans tous les cas
en quelques années. En France, les maisons basse consommation sont
encore rares. Mais ce concept, dont les principes de
construction sont simples et bien maîtrisés, a toute sa
place dans une politique de construction fondée sur le
développement durable.
Maison à énergie positive : produire plus
que ce que l’on consomme
Faire de sa maison une source d’énergie, c’est réalisable, avec une conception analogue à celle d’une maison
basse consommation, peu gourmande en énergie. On y installe un système de production d’électricité à
base d’énergies renouvelables (panneaux photovoltaïques, petite éolienne, etc.). En y maîtrisant de plus la
consommation d’énergie au quotidien, c’est un projet
écologiquement et économiquement très intéressant.
Un exemple positif
Une maison située dans l’ouest de la France minimise ses besoins en énergie : application des principes
de construction bioclimatique, mise en place d’une
isolation très performante, utilisation des énergies
renouvelables pour le chauffage et l’eau chaude
(CESI) et enfin production d’énergie électrique
grâce à des modules photovoltaïques.
La maison consomme 3 400 kWh / an et en produit… presque 4 200 ! De plus, elle a émis en 2004
moins de 0,5 tonne de CO2, alors qu’une maison « classique »
comparable (confort et surface) en produit 3,1 tonnes.
28
apports bienvenus :
des aides
financières
Le surcoût financier que représente ces choix de
construction et d’équipements peut être un frein ou
même paraître un obstacle insurmontable pour réaliser votre projet. Savez-vous qu’il existe de nombreux
dispositifs d’aides financières pour vous aider à vous
lancer ?
Le crédit d’impôt
Pour toutes les constructions, il concerne les équipements de production d’énergie utilisant le solaire,
l’hydraulique et l’éolien. Son taux est alors de 50 %,
avec un montant des dépenses plafonné. Les appareils
de chauffage au bois et les pompes à chaleur (PAC à
capteurs enterrés et air / eau) bénéficient d’un crédit
d’impôt de 40 %.
Si vous faites l’acquisition d’une résidence principale
neuve dont la performance énergétique correspond au
label « Bâtiment Basse Consommation », vous pouvez
bénéficier d’un crédit d’impôt de 40 % sur les intérêts
d’emprunt des sept premières annuités. Pour en savoir plus, consultez le guide de l’ADEME « Les aides et incitations financières habitat »
ou le site de l’ADEME www.ademe.fr, Espace Particuliers, rubrique « Financez vos projets » ou bien l’Espace Info“Énergie le plus proche de chez vous.
29
Les propositions des banques
Certains établissements bancaires attribuent maintenant des prêts dédiés aux économies d’énergie, en
particulier pour construire un logement neuf. Pour vous aider dans
vos recherches et comparer les offres bancaires, vous pouvez
consulter sur le site
de l’ADEME un outil
appelé Éco-prêts™, le
comparateur de prêts
dédiés aux économies
d’énergie, développé
par l’ADEME avec « Testé pour Vous » (à voir sur www.
ademe.fr/ecoprets).
Les aides des collectivités locales
de chez vous. Certaines collectivités locales
(Conseils généraux ou régionaux,
communes) attribuent des aides
aux particuliers qui font installer
des équipement utilisant les énergies renouvelables. Renseignezvous au cas par cas auprès de l’Espace Info“Énergie le plus proche
Pour le trouver, appelez le n° Azur 0810 060 050 (valable en France métropolitaine, prix d’un appel local).
30
maison sur plan
ou déjà construite
que faire ?
Si vous optez pour une maison proposée sur plan ou
déjà construite, quelle est votre latitude pour obtenir
qu’elle minimise son impact sur l’environnement ?
Maison sur plan : étudier les propositions
des constructeurs
Des constructeurs ont désormais fait le choix de proposer des maisons plus respectueuses de l’environnement,
en particulier répondant à la certification « NF Maison
Individuelle démarche HQE® ». Certains d’entre eux
proposent des modèles sur plan ou sur catalogue, dont
il n’est pas possible de modifier l’architecture. Optez de
préférence pour des modèles compacts, plus économes
en énergie. Documentez-vous soigneusement sur les
prestations offertes et les matériaux utilisés, en particulier en matière d’isolation. Si vous ne faites pas appel à ce type de constructeur,
vous pouvez peut-être orienter le choix des matériaux
de construction et d’isolation pour retenir ceux qui
minimisent l’impact sur l’environnement et optimisent
les économies d’énergie.
31
Soyez aussi exigeants pour les équipements de chauffage et de production d’eau chaude : chaudière
basse température ou à condensation, pompe à chaleur performante ou système utilisant les énergies
renouvelables.
Enfin, pour les matériaux de finition et de décoration,
il existe des produits générant moins d’impacts sur
l’environnement que d’autres. Pensez à ceux signalés
par les écolabels européen ou NF-Environnement.
Maison neuve déjà construite :
la réglementation thermique évolue
Une maison neuve, achetée par exemple dans un
lotissement, satisfait au minimum aux exigences réglementaires de la RT 2005, qui améliore de 15 % les performances énergétiques édictées dans la précédente
réglementation RT 2000. Les prescriptions de cette réglementation thermique
évolueront dans l’avenir pour arriver au niveau du
label BBC (voir p. 10). Une maison bien orientée, compacte, très bien isolée, offrant des équipements utilisant les énergies
renouvelables sera plus économe à l’usage. Si elle n’est
pas déjà équipée, prévoyez une future installation
(pente et orientation du toit en prévision d’une installation solaire, taille du terrain en vue d’une pompe à
chaleur géothermique, etc.). Enfin, votre maison sera d’autant plus économe que
les habitudes de vie de ses occupants réduiront encore
leurs consommations d’énergie. La réglementation thermique dans l’existant
Les bâtiments existants aussi vont devoir se mettre aux économies d’énergie : la réglementation est appliquée depuis le 1er
novembre 2007. Ainsi, des exigences de performances énergétiques minimales
sont imposées lors du remplacement d’une fenêtre ou d’un
équipement de chauffage, de la pose ou du remplacement
d’une isolation thermique,… et des études préalables de solutions durables sont maintenant nécessaires avant d’entreprendre une réhabilitation lourde, etc.
32
un mode de vie
en harmonie
avec la maison
Une maison économe en énergie et en rejets de CO2,
qui minimise son empreinte sur l’environnement
grâce aux matériaux utilisés et aux procédés de
construction choisis, c’est bien.
L’habiter en maîtrisant les dépenses d’énergie et en
limitant les impacts environnementaux, c’est la suite
logique de votre démarche. Économiser l’énergie et
l’eau, trier, valoriser ou composter les déchets au quotidien, c’est affaire d’équipements, de comportements,
d’habitudes et d’organisation.
Des équipements performants
pour des économies substantielles
L’étiquette
énergie, pour savoir qui est sobre… et qui l’est moins
Cette étiquette figure sur les réfrigérateurs et congélateurs, les fours, les lave-linge, les lave-vaisselle, les
sèche-linge et les ampoules électriques.
Attention au sèche-linge
C’est un appareil très gourmand : il grignote à
lui seul 15 % de votre consommation électrique annuelle (hors chauffage). Aucun modèle
n’obtient la cote A sur l’étiquette énergie. Faites sécher le linge à l’air libre ou dans un
local bien ventilé, c’est plus rentable.
Son échelle est cotée de A, A+ et même A++ (pour les
appareils les plus économes) à G (pour les plus gourmands). L’économie est particulièrement importante
pour les appareils producteurs de froid, gros consommateurs d’énergie : vous pouvez diviser leur consommation électrique par 3 en choisissant un appareil
classé A au lieu de C. 33
Les ampoules basse consommation vous permettent de diviser par 4 vos dépenses d’éclairage. Elles
conviennent pour des éclairages de longue durée. Hi-Fi, téléviseur, ordinateurs :
attention aux veilles !
Pour ces produits, pas encore d’étiquette énergie :
consultez les notices pour connaître leur consommation totale et leur consommation en veille. Pour les ordinateurs et leurs accessoires, fiezvous au logo Energy Star qui indique que le
matériel est économe en énergie, quand il
fonctionne et quand il est en veille.
Enfin, branchez tous ces équipements sur des prises
commandées par un interrupteur : cela simplifie l’allumage et déconnecte les veilles inutiles.
Des habitudes à acquérir, conserver
et transmettre
Utilisez les cycles « éco » des appareils ménager, installez les appareils de froid loin des sources de chaleur,
dégivrez le congélateur tous les 2 mois, éteignez les
lumières inutiles… tous ces petits gestes réduisent la
consommation d’électricité.
Trier vos déchets et les équipements qui ne vous servent
plus, stockez-les dans un espace réservé à cet effet en
attendant de les emporter en déchèterie ou de les donner
à une association caritative. Compostez les déchets organiques pour produire un amendement de qualité pour le
jardin et réduire le volume des ordures ménagères.
Économisez l’eau en surveillant les fuites, en récupérant
l’eau de pluie pour l’arrosage du jardin, en arrosant le
soir, en protégeant le sol (paille, écorces, etc.) autour
des plantes pour limiter l’évaporation…
Ces « petits » gestes, pratiqués au quotidien et en
famille, représentent de très bons investissements
pour économiser l’énergie !
34
pour en savoir plus, consultez les guides de l’ADEME « Une maison pour vivre mieux », n° 6371,
et « Les équipements électriques », n° 3690,
en résumé...
 Mener à bien un projet de
construction ménageant l’environnement permet d’économiser
l’énergie, de limiter les rejets de gaz
à effet de serre et de vivre dans une
ambiance saine et confortable. Le
surcoût d’investissement d’une telle
maison est amorti par les importantes économies réalisées à l’usage.
 À la base, le choix du terrain,
l’implantation et la conception de
la maison conditionnent le succès
de l’opération.
 La
construction elle-même
doit donner la priorité aux matériaux performants, sans émanations toxiques et recyclables. Du
soin particulier apporté à l’isolation
dépendent largement les performances énergétiques de la future maison.
 Des équipements efficaces et
durables, le recours aux énergies
renouvelables, des habitudes de
vie économisant l’énergie permettent de réussir le pari d’une
habitation plus respectueuse de
l’environnement.
 Des maisons conçues selon ces
principes consomment très peu
d’énergie. Elles peuvent même en
produire !
Crédits
Photos : J. L. Moulin p. 3 ; P. Quittemelle p. 17 ; ADEME p. 20 et 25 ; R. Bourguet / ADEME p.14 et 15 ; L. Cheviet / ADEME p. 28 ; A. Montpeyroux / ADEME p. 29.
Infographies : H. Bareau p. 6, 7, 11 et 24 ; ADEME p. 29 ; Graphies / ADEME p. 9 et 17
Illustrations : Francis Macard
35
L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie
est un établissement public sous la tutelle conjointe du
ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement
durable et de l’Aménagement du territoire et du ministère
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle
participe à la mise en oeuvre des politiques publiques
dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et
du développement durable. L’agence met ses capacités
d’expertise et de conseil à disposition des entreprises,
des collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand
public, les aide à financer des projets dans cinq domaines
(la gestion des déchets, la préservation des sols, l’efficacité
énergétique et les énergies renouvelables, la qualité de
l’air et la lutte contre le bruit) et à progresser dans leurs
démarches de développement durable.
www.ademe.fr
Pour des conseils pratiques et gratuits
sur la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables, contactez les Espaces
, un réseau de spécialistes à votre service.
Trouvez le plus proche de chez vous en
appelant le n° Azur (valable en France
métropolitaine, prix d’un appel local) :
Imprimé par Caractère avec des encres végétales sur papier certifié Écolabel Nordique
l’ADEME
0 810 060 050
Siège social : 20, avenue du Grésillé
BP 90406 - 49004 ANGERS cedex 01
6293
Janvier 2009
Réalisation : H. Bareau
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